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Dossier
Côte d'Ivoire

Mort du policier à Abengourou : pourquoi la santé mentale ne doit plus être un tabou

La mort du sergent-chef de police Gnahoré Hermann Martial, retrouvé sans vie à Abengourou le 1er novembre 2026, a été abondamment relayé dans la presse. Si les circonstances exactes de ce drame restent à établir, il rappelle que la souffrance psychologique peut toucher n’importe même ceux que l’on imagine toujours forts et disponibles pour protéger les autres.

il y a 45 minutes

Une souffrance qui ne se voit pas toujours

Le sergent-chef, en poste au commissariat du 1er arrondissement d’Abengourou, aurait exprimé son mal-être à un proche avant sa mort. Ce détail, rapporté par la presse, est douloureux, mais il doit nous interpeller que  derrière une apparence de force, une personne peut traverser une détresse profonde sans que son entourage sache comment l’aider.

Il serait toutefois erroné de tirer des conclusions hâtives sur les raisons précises de ce suicide. Les enquêtes devront établir les faits. Mais au-delà de la mort du sergent-chef, la question est de savoir comment détecter plus tôt les personnes en danger et leur offrir une écoute réelle, sans jugement ni tabou.

La santé mentale n’est pas une faiblesse

Parfois, quand une personne parle de dépression, d’anxiété, d’épuisement ou d’idées noires, elle est perçue comme une faiblesse, notamment chez les hommes et dans les métiers de l’autorité.

Toutefois, la santé mentale fait partie de la santé. Elle peut être fragilisée par le stress, la pression professionnelle, les difficultés familiales ou financières, les traumatismes, la solitude ou l’accumulation silencieuse de problèmes.

Demander de l’aide n’est pas abandonner. C’est au contraire un acte de courage et de responsabilité envers soi-même et ses proches. L’Organisation mondiale de la santé rappelle d’ailleurs que parler du suicide avec une personne inquiétante ne l’incite pas à passer à l’acte. Cela peut au contraire réduire son anxiété et l’aider à se sentir comprise.

Les signes qui doivent alerter

Certains signaux, comme la tristesse persistante, la perte d’espoir, l'isolement, les troubles du sommeil ou de l’appétit,  méritent une attention particulière. 

Face à ces signes, la première réponse consiste à écouter. Poser la question directement. Par exemple, « Penses-tu à te faire du mal ? » peut ouvrir un espace de parole essentiel. Si la personne est en danger immédiat, il ne faut pas la laisser seule et il faut chercher sans délai une aide d'un spécialiste. 

Une aide existe en Côte d’Ivoire

En Côte d’Ivoire, le numéro vert 143 offre une assistance psychologique gratuite, disponible 24 heures sur 24. Il permet d’être écouté, orienté et, si nécessaire, dirigé vers une structure de soins adaptée. 

Les proches ont aussi un rôle décisif. Ils doivent maintenir le lien, poser des questions sans juger, accompagner la personne vers un professionnel et veiller à limiter l’accès aux moyens de se faire du mal lorsqu’un danger immédiat est identifié. 

Ce que ce drame doit nous apprendre

Le décès de ce policier ne doit pas devenir une simple information de faits divers. Il doit nous rappeler que chaque vie compte et que la souffrance psychique ne doit jamais être affrontée seule.

Les institutions, les familles, les collègues et les amis doivent apprendre à reconnaître la détresse, à en parler et à orienter vers les bons dispositifs. 

Richard Konan