L'incertitude fait partie du quotidien d'un dirigeant, d'un entrepreneur, d'un responsable d'équipe, de toute personne qui doit trancher sur un sujet important. Comment décider sans se précipiter, et avancer sans être sûr d'avoir raison ? Voici cinq réflexes.
1. La décision parfaite n'existe pas
Face à l'incertitude, on cherche souvent la décision parfaite. On analyse, on compare, on demande des avis, on attend de nouvelles informations, et parfois on ne décide rien.
Cependant, certaines situations ne permettent pas d'avoir une vision complète. Le contexte évolue et de nouveaux éléments apparaissent après le choix.
Un bon leader vise la meilleure décision possible avec ce qu'il sait à cet instant, ce qui lui permet d'avancer sans prétendre tout maîtriser.
2. Entre l'action et la peur
Sous pression, on confond facilement ce que l'on sait et ce que l'on imagine. Ce projet présente-t-il un vrai risque, ou anticipe-t-on le pire ? Avant de prendre une décision, il faut distinguer clairement ce que l’on sait, ce que l’on ne sait pas encore et ce que l’on imagine.
Une décision prise sous l'effet de la peur devient une réaction. Quand elle est appuyée sur des faits, même incomplets, cette décision a plus de chances d'être maîtrisée. Le leader a peur comme tout le monde. La différence tient à ce qu'il ne lui laisse pas la décision.
3. Repérer ce qui est sous contrôle
L'incertitude paralyse surtout quand on se fixe sur ce qu'on ne maîtrise pas, notamment la conjoncture, un client qui change d'avis, un collaborateur qui part, un obstacle imprévu. Personne ne peut tout prévoir.
Il ne faut pas oublier la préparation, la communication, le choix des priorités, la façon de réagir et la capacité à corriger le tir. N'oubliez pas ces leviers. Plutôt que de chercher comment être certain que tout se passera bien, mieux vaut se demander ce que vous pouvez faire maintenant pour augmenter vos chances de réussite.
4. Quand en savoir assez suffit
Vouloir tout savoir avant d'agir passe pour de la prudence, mais cela sert souvent à repousser la décision. À partir d'un certain seuil, une information de plus apporte moins que le passage à l'action. Cela ne veut pas que vous ne devez pas prendre le temps de réfléchir.
Pour repérer ce seuil, on peut mesurer le risque de décider maintenant et celui d'attendre, se demander quelle information changerait vraiment le choix.
Ensuite, il faut voir si un test à petite échelle est possible et si un retour en arrière l'est aussi. Ce dernier point compte énormément, car certaines décisions ne sont pas irréversibles. Quand on peut les ajuster ou les corriger, attendre une certitude absolue n'est pas toujours nécessaire.
5. Assumer, puis ajuster
Décider ne vous oblige pas à vous accrocher à votre choix coûte que coûte. Un bon leader sait dire : « J'ai pris cette décision avec les informations dont je disposais. Les nouvelles données montrent qu'il faut changer de direction. »
Changer d'avis relève souvent de la lucidité plus que de la faiblesse. Une décision peut être bonne le jour où elle est prise et moins pertinente quelques semaines plus tard, parce que le contexte et les priorités ont bougé. Faites tout pour atteindre l'objectif sans vous laisser enfermer par votre première décision.
L'incertitude ne disparaîtra pas, ni au travail ni ailleurs, et certaines décisions se prendront toujours avec des informations incomplètes. On attend d'un leader qu'il ait les réponses, alors que les situations difficiles demandent surtout du discernement.
Ecouter,
analyser, prioriser, décider, assumer, puis ajuster quand la réalité l'exige.
Le meilleur leader est parfois celui qui dit : « Nous ne savons pas
encore tout. Voici ce que nous savons, voici ce que nous allons faire et voici
comment nous réagirons si la situation change. »
Richard Konan