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Vie professionnelle

Collègue trop envahissant au travail : 7 façons de poser vos limites sans créer de conflit

Vous connaissez sûrement la scène. Vous êtes concentré sur un dossier quand un collègue arrive : « Tu as une petite minute ? » Vous levez la tête, vous l'écoutez. Ça ne prend que deux minutes. Puis vous retournez à votre travail.

il y a 10 heures

Quelques minutes plus tard, le même collègue revient. Cette fois, il cherche une information. Ensuite, il veut votre avis sur un document. Et dans l'après-midi, il vous envoie encore un message pour vous demander un coup de main.

Pris séparément, rien de tout cela n'est vraiment grave. Le problème, c'est l'accumulation.

À force d'être interrompu, vous avez du mal à avancer sur vos propres tâches. Vous perdez le fil, vous devez reprendre ce que vous faisiez et, parfois, vous finissez la journée avec l'impression d'avoir beaucoup travaillé sans avoir réellement avancé.

Alors, faut-il envoyer balader ce collègue ? Pas forcément. Il existe des façons de mettre des limites sans transformer l'ambiance du bureau en champ de bataille.

1. Cherchez d'abord à comprendre pourquoi il vient toujours vers vous

Avant de vous dire que votre collègue abuse, posez-vous une question simple : pourquoi vient-il toujours vous voir ?

Il peut manquer d'expérience. Un nouveau collègue, par exemple, aura naturellement plus de questions au début. Votre collaborateur a peut être du mal avec une procédure ou un outil. Ou alors, il a pris l'habitude de venir vers vous parce qu'il sait que vous allez lui répondre.

Et soyons honnêtes : si, depuis plusieurs semaines, vous répondez toujours présent dès qu'il vous appelle, il n'a aucune raison de changer ses habitudes.

Cela ne veut pas dire que vous devez l'ignorer. Il faut juste regarder ce qui se cache derrière ses demandes. En effet, si vous lui donnez la solution à chaque fois, vous risquez surtout de le rendre dépendant de vous.

2. Arrêtez de tout laisser tomber dès qu'il vous appelle

C'est souvent là que le problème commence. Votre collègue arrive pendant que vous êtes en train de travailler et, presque automatiquement, vous mettez votre tâche de côté.

« Oui, vas-y, je t'écoute. » Quelques minutes plus tard, vous essayez de vous rappeler où vous en étiez. La prochaine fois, essayez de ne pas interrompre immédiatement ce que vous faites.

Vous pouvez lui dire : « Je termine ça et je viens te voir. »

Ou même : « Là, je suis vraiment concentré. On peut en parler dans une demi-heure ? »

Vous avez juste votre propre travail à finir, et cela compte autant que le sien. Votre collègue finira par comprendre que venir vous voir ne signifie pas que vous allez automatiquement arrêter tout ce que vous faites.


3. Dites non quand vous n'avez vraiment pas le temps

Le mot « non » n'est pas toujours facile à prononcer au travail. On a peur de vexer. On ne veut pas donner l'impression d'être égoïste. Alors on accepte, même quand notre journée est déjà pleine.

Finalement, on se retrouve à faire les tâches des autres en plus des siennes. Vous pouvez pourtant refuser sans être froid. « Je ne pourrai pas m'en occuper maintenant, j'ai encore ce dossier à terminer. »

C'est suffisant. Pas besoin de vous lancer dans une longue justification. Et si la demande n'est pas urgente, vous pouvez aussi proposer un autre moment :

« Pas maintenant, mais je pourrai regarder ça cet après-midi. » Vous restez disponible, mais vous ne laissez pas quelqu'un d'autre décider de votre emploi du temps à votre place.

4. Montrez-lui où chercher au lieu de toujours lui donner la réponse

Il y a une différence entre aider quelqu'un et faire systématiquement le travail à sa place. Votre collègue vous demande encore où se trouve un fichier ? Montrez-lui le dossier.

Il ne sait pas comment effectuer une procédure ? Expliquez-lui une fois, tranquillement. La prochaine fois qu'il revient avec la même question, vous pourrez simplement lui rappeler : « C'est dans le même dossier que la dernière fois. Regarde là d'abord. »

Ce petit réflexe peut sembler insignifiant, mais il change beaucoup de choses. Votre collègue comprend peu à peu qu'il peut trouver certaines réponses sans passer par vous. Et vous gagnez du temps.

5. Proposez un moment pour répondre à ses questions

Parfois, ce n'est même pas la quantité de questions qui pose problème. C'est le moment où elles tombent. 9h15, 10h, midi — les questions arrivent au compte-gouttes toute la matinée.

Dans ce cas, pourquoi ne pas regrouper les demandes ? Vous pouvez lui dire : « Note tout ce que tu as à me demander et on regarde ça ensemble après ma réunion. »

C'est beaucoup plus confortable que de vous faire interrompre toute la matinée. Cette méthode fonctionne particulièrement bien lorsque votre collègue a beaucoup de petites questions. Vous restez disponible, mais à un moment qui vous convient aussi.

6. Faites attention à ne pas devenir « celui qu'on appelle pour tout »

Dans une équipe, il y a souvent une personne vers laquelle tout le monde se tourne. Celle qui connaît les procédures. Elle sait où sont les documents, maîtrise le logiciel. Tout le monde finit par l'appeler pour tout, même pour trouver un mail.

Au début, c'est plutôt flatteur. On se dit qu'on est reconnu comme quelqu'un de compétent. Mais cela peut vite devenir un piège. Un collègue ne sait pas, il vous appelle. Un autre a un problème, il débarque à votre bureau. C'est toujours vous qu'on sollicite.

Et sans vous en rendre compte, vous passez une partie de votre journée à régler les problèmes des autres. À un moment, il faut savoir lever le pied. Vous pouvez être la personne compétente de l'équipe sans devenir le service d'assistance de tout le monde.

7. Si ça continue, dites-le franchement

Vous avez essayé de faire comprendre que vous étiez occupé. Vous avez proposé d'autres moments. Vous avez même montré à votre collègue comment faire certaines choses seul. Mais il continue.

Dans ce cas, une discussion devient nécessaire. Vous n'avez pas besoin de l'attendre avec une liste de reproches. Choisissez un moment calme et dites ce que vous ressentez :

« J'ai remarqué que je suis souvent interrompu quand je travaille. Ce n'est pas que je ne veux pas t'aider, mais j'ai parfois du mal à avancer sur mes propres tâches. Il faudrait peut-être qu'on trouve une autre façon de faire. »

Le ton compte énormément. Vous ne l'accusez pas d'être insupportable. Vous lui expliquez simplement que la situation commence à avoir des conséquences sur votre travail.

Il comprendra peut-être très bien le message. Et s'il ne le comprend toujours pas, malgré plusieurs tentatives, il sera alors légitime d'en parler à votre responsable, surtout si votre travail en pâtit réellement.


Être gentil ne signifie pas être disponible tout le temps

Au travail, rendre service fait partie de la vie d'une équipe. Mais rendre service ne veut pas dire abandonner ses propres priorités dès qu'un collègue a besoin de quelque chose.

Vous avez le droit de finir votre dossier avant de répondre, de dire que vous n'avez pas le temps, de renvoyer quelqu'un chercher l'info tout seul avant de venir vous voir. Le plus important, c'est la manière de le faire.

Une limite posée calmement passe mieux qu'une frustration qu'on a laissée grandir pendant des semaines. Vous êtes là pour travailler avec les autres, pas à la place des autres.

Richard Konan