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Rencontre d'Esprit
Club Esprit 51

Nialé Kaba : « La compétence est la base (…) mais elle ne suffit pas pour réussir »

Le Club Esprit 51 s’est tenu le vendredi 11 septembre 2026 au Sofitel Abidjan Hôtel Ivoire. À cette occasion, Nialé Kaba, ministre d’État, ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, a échangé avec les invités autour du thème : « La compétence suffit-elle pour réussir ? »

il y a 5 heures

Au cours de cet entretien animé par Cheick Yvhane, directeur de publication d’Esprit, la ministre a partagé son parcours professionnel, les responsabilités qui ont jalonné sa carrière ainsi que les valeurs qui ont guidé son cheminement.

La question de la réussite professionnelle a naturellement occupé une place centrale dans les échanges. À la question de savoir si la compétence suffit pour réussir, la ministre Nialé Kaba a livré une réponse nuancée : indispensable, la compétence constitue le socle de la réussite, mais elle ne garantit pas, à elle seule, une progression professionnelle.

« C’est extrêmement important, si on veut réussir, d’avoir la matière suffisante pour faire son travail. Le travail dans lequel on s’impose, c’est celui qu’on maîtrise, c’est celui qu’on comprend. Maintenant, pour avancer, vous avez besoin d’autres choses. La compétence est la base », a-t-elle souligné.


Au-delà des connaissances et du savoir-faire, d’autres facteurs peuvent en effet jouer un rôle déterminant dans un parcours professionnel. La ministre a notamment évoqué le mentorat, le réseau, les partenaires et la capacité à saisir les opportunités.

Les valeurs transmises par ses parents

Derrière son parcours professionnel, Nialé Kaba a également évoqué les valeurs qui ont contribué à forger sa personnalité.

Elle a notamment souligné l’influence de ses parents et, plus particulièrement, l’importance que son père accordait à l’éducation de ses filles. Une conviction qu’il lui a transmise et qu’elle garde encore à l’esprit : « La connaissance est le seul bien que personne ne peut vous confisquer. »

De sa mère, elle dit avoir également reçu une autre valeur essentielle : le respect de la parole donnée. Un principe qui revêt, selon elle, une importance particulière dans l’exercice de la diplomatie, un domaine où les engagements doivent être pris avec responsabilité et respectés avec rigueur.

Dans une atmosphère à la fois conviviale et riche en enseignements, cette 51ᵉ édition du Club Esprit a ainsi permis au public de découvrir une autre facette de la ministre, au-delà de ses fonctions officielles.

De l’économie à la diplomatie

Économiste de formation, Nialé Kaba a occupé plusieurs fonctions gouvernementales majeures. Elle a notamment été ministre de l’Économie et des Finances, puis ministre du Plan et du Développement, avant de prendre en charge le portefeuille des Affaires étrangères et de la Coopération internationale.

Évoquant son expérience à la tête de la diplomatie ivoirienne, elle a insisté sur l’exigence et la responsabilité qui caractérisent cette fonction.

« Nous sommes obligés de faire attention à chaque détail pour nous assurer que nous n’allons pas compromettre la relation de la Côte d’Ivoire avec l’extérieur. C’est surtout l’essentiel de notre travail. À part cela, c’est un métier passionnant », a-t-elle expliqué.

Pour Nialé Kaba, ces différentes expériences professionnelles s’inscrivent dans une certaine continuité. Son passage par les portefeuilles économiques lui permet aujourd’hui d’appréhender les enjeux diplomatiques avec un regard particulièrement attentif aux questions économiques.


« Les relations internationales sont énormément basées sur l’économie, les équilibres et les intérêts », a-t-elle expliqué.

Cette dimension économique occupe ainsi une place importante dans sa conception de la diplomatie. Les négociations internationales doivent, selon elle, contribuer à défendre les intérêts de la Côte d’Ivoire, tout en favorisant des retombées concrètes pour le pays et ses populations.

Une diplomatie au service des populations

Pour Nialé Kaba, la diplomatie ne saurait se résumer aux relations politiques, au protocole ou à la représentation de l’État. Elle doit également être un levier au service du développement économique et des intérêts des populations.

Les accords et partenariats conclus avec les partenaires internationaux doivent ainsi produire des résultats concrets et tangibles. Cela suppose de savoir négocier, de défendre les intérêts nationaux et de construire, dans la durée, des relations équilibrées et mutuellement bénéfiques.

Son expérience dans la gestion des questions économiques constitue, à ses yeux, un atout pour mieux appréhender les enjeux liés au développement et leur articulation avec les relations internationales.

Une rencontre placée sous le signe du partage

La rencontre s’est achevée par une séance de dédicace du magazine Esprit par la ministre Nialé Kaba. L’invitée avait reçu un tableau représentant la Une du numéro 51 d’Esprit, remis par Augustin Akou, président-directeur général de 2A Consulting.

Autre temps fort de cette édition : un jeu-concours qui a permis à un participant de repartir avec un billet d’avion offert par Air Ivoire.

La 51ᵉ édition du Club Esprit a offert un espace de dialogue et de partage d’expériences, permettant de croiser les regards sur les clés de la réussite professionnelle et personnelle.

Richard Konan