Au cours de cet entretien animé par Cheick Yvhane, directeur de publication d’Esprit, la ministre a partagé son parcours professionnel, les responsabilités qui ont jalonné sa carrière ainsi que les valeurs qui ont guidé son cheminement.
La question de la réussite professionnelle a
naturellement occupé une place centrale dans les échanges. À la question de
savoir si la compétence suffit pour réussir, la ministre Nialé Kaba a livré une
réponse nuancée : indispensable, la compétence constitue le socle de la
réussite, mais elle ne garantit pas, à elle seule, une progression
professionnelle.
« C’est extrêmement important, si on veut
réussir, d’avoir la matière suffisante pour faire son travail. Le travail dans
lequel on s’impose, c’est celui qu’on maîtrise, c’est celui qu’on comprend.
Maintenant, pour avancer, vous avez besoin d’autres choses. La compétence est
la base », a-t-elle souligné.
Au-delà des connaissances et du savoir-faire,
d’autres facteurs peuvent en effet jouer un rôle déterminant dans un parcours
professionnel. La ministre a notamment évoqué le mentorat, le réseau, les
partenaires et la capacité à saisir les opportunités.
Les valeurs transmises par ses parents
Derrière son parcours professionnel, Nialé
Kaba a également évoqué les valeurs qui ont contribué à forger sa personnalité.
Elle a notamment souligné l’influence de ses
parents et, plus particulièrement, l’importance que son père accordait à
l’éducation de ses filles. Une conviction qu’il lui a transmise et qu’elle
garde encore à l’esprit : « La connaissance est le seul bien que personne ne
peut vous confisquer. »
De sa mère, elle dit avoir également reçu une
autre valeur essentielle : le respect de la parole donnée. Un principe qui
revêt, selon elle, une importance particulière dans l’exercice de la
diplomatie, un domaine où les engagements doivent être pris avec responsabilité
et respectés avec rigueur.
Dans une atmosphère à la fois conviviale et
riche en enseignements, cette 51ᵉ édition du Club Esprit a ainsi permis au
public de découvrir une autre facette de la ministre, au-delà de ses fonctions
officielles.
De l’économie à la diplomatie
Économiste de formation, Nialé Kaba a occupé
plusieurs fonctions gouvernementales majeures. Elle a notamment été ministre de
l’Économie et des Finances, puis ministre du Plan et du Développement, avant de
prendre en charge le portefeuille des Affaires étrangères et de la Coopération
internationale.
Évoquant son expérience à la tête de la
diplomatie ivoirienne, elle a insisté sur l’exigence et la responsabilité qui
caractérisent cette fonction.
« Nous sommes obligés de faire attention à
chaque détail pour nous assurer que nous n’allons pas compromettre la relation
de la Côte d’Ivoire avec l’extérieur. C’est surtout l’essentiel de notre
travail. À part cela, c’est un métier passionnant », a-t-elle expliqué.
Pour Nialé Kaba, ces différentes expériences
professionnelles s’inscrivent dans une certaine continuité. Son passage par les
portefeuilles économiques lui permet aujourd’hui d’appréhender les enjeux
diplomatiques avec un regard particulièrement attentif aux questions
économiques.
« Les relations internationales sont
énormément basées sur l’économie, les équilibres et les intérêts », a-t-elle
expliqué.
Cette dimension économique occupe ainsi une
place importante dans sa conception de la diplomatie. Les négociations
internationales doivent, selon elle, contribuer à défendre les intérêts de la
Côte d’Ivoire, tout en favorisant des retombées concrètes pour le pays et ses
populations.
Une diplomatie au service des populations
Pour Nialé Kaba, la diplomatie ne saurait se
résumer aux relations politiques, au protocole ou à la représentation de
l’État. Elle doit également être un levier au service du développement
économique et des intérêts des populations.
Les accords et partenariats conclus avec les
partenaires internationaux doivent ainsi produire des résultats concrets et
tangibles. Cela suppose de savoir négocier, de défendre les intérêts nationaux
et de construire, dans la durée, des relations équilibrées et mutuellement
bénéfiques.
Son expérience dans la gestion des questions
économiques constitue, à ses yeux, un atout pour mieux appréhender les enjeux
liés au développement et leur articulation avec les relations internationales.
Une rencontre placée sous le signe du partage
La rencontre s’est achevée par une séance de
dédicace du magazine Esprit par la ministre Nialé Kaba. L’invitée avait reçu un
tableau représentant la Une du numéro 51 d’Esprit, remis par Augustin Akou,
président-directeur général de 2A Consulting.
Autre temps fort de cette édition : un
jeu-concours qui a permis à un participant de repartir avec un billet d’avion
offert par Air Ivoire.
La 51ᵉ édition du Club Esprit a offert un
espace de dialogue et de partage d’expériences, permettant de croiser les
regards sur les clés de la réussite professionnelle et personnelle.
Richard Konan