Moayé bonjour.
Bonjour.
La vente de
mèches vous a bien réussi. Vous êtes citée en exemple. Qu’est-ce qui vous a
poussée vers ce métier ?
Au départ, j’achetais des mèches pour moi-même. Puis mon fournisseur, qui est devenu avec le temps un ami, m’a proposé de représenter ses produits dans mon pays. Avec son accompagnement et son expérience, j’ai commencé l’activité. Par la grâce de Dieu, cela a évolué et m’a permis de construire ce que la marque est aujourd’hui.
À partir de quand avez-vous décidé d’en faire un métier à part entière ?
Quand on traverse des moments difficiles, qu’on peine à manger correctement, à payer son loyer ou à s’occuper de ses enfants, on regarde les opportunités autrement. Cette activité s’est présentée à moi comme une chance. Le jour où j’ai compris qu’elle pouvait m’aider à subvenir à mes besoins, même simplement, mon regard a changé.
J’ai commencé à la prendre très au sérieux. Ce qui était une opportunité est devenu un engagement, puis un métier.
Au fil de l’évolution de votre activité, quels sont les besoins spécifiques que vous avez notés auprès de vos clientes ?
Avec le temps, j’ai compris que les clientes ont avant tout besoin d’être rassurées. Lorsqu’elles investissent leur argent, elles veulent être certaines d’obtenir de la qualité.
J’ai aussi
appris qu’il faut être très vigilant sur ce que l’on met sur le
marché : choisir des produits fiables, être transparent et rester
correct dans tout ce que l’on propose. Au-delà du produit, les
clientes recherchent du conseil, de l’écoute et une relation
de confiance sur la durée.
En quoi est-ce que gérer une entreprise de vente de mèches est une activité particulière ?
Pour moi, c’est une activité particulière parce qu’elle va bien au-delà du produit. Elle m’a permis de rencontrer beaucoup de personnes, de comprendre leurs attentes et de me positionner dans mon domaine. Travailler dans la beauté, c’est accompagner l’image que les femmes ont d’elles-mêmes. Cela demande de l’écoute, de la rigueur et une vraie responsabilité. Cette activité m’a aussi fait grandir personnellement, parce qu’elle m’a appris la constance, la gestion et la relation humaine.
Combien de boutiques et d’employés comptez-vous aujourd’hui ?
Aujourd’hui, nous comptons trois boutiques et une cinquantaine de collaboratrices qui travaillent avec moi et me font confiance. Pour moi, au-delà des chiffres, c’est surtout une aventure humaine construite avec des femmes engagées qui grandissent avec la marque.
Qu’est-ce qui a été le plus difficile dans le développement de votre entreprise ?
Ce qui a été le plus difficile, c’est l’extension : l’organisation, la gestion des ressources humaines et l’administration. En tant qu’autodidacte, ce sont des domaines que l’on ne maîtrise pas forcément au départ. Il y a eu beaucoup de défis et parfois un véritable casse-tête. Mais petit à petit, j’ai compris l’importance de m’entourer de professionnels pour structurer l’entreprise et continuer à avancer.
Quels sont
les nouveaux défis qui se posent à vous ?
Aujourd’hui, le principal défi est de structurer davantage l’entreprise tout en continuant à grandir. Il s’agit de former les équipes, améliorer l’organisation, innover et maintenir la qualité qui a fait notre réputation. Un autre défi important est de développer la marque sans perdre l’authenticité et la relation de confiance avec nos clientes.
Dans le
débat Nappy ou cheveux artificiels, où vous situez-vous ?
Personnellement,
je ne me situe dans aucun camp. Je pense que chaque femme doit être libre de
faire ce qu’elle veut avec ses cheveux et son image. Nous vivons une seule
fois, et l’essentiel est de se sentir bien avec soi-même. Pour moi, la beauté,
c’est avant tout le choix et l’expression personnels.
Certaines
voix s’opposent au port des mèches. Que leur répondez-vous ?
Je respecte toutes les opinions. Chacun est libre de ses choix et de sa vision de la beauté. De mon côté, je défends la liberté pour chaque femme de décider ce qui lui convient.
L’essentiel est que chacune puisse se sentir bien dans sa peau, sans jugement.
Faut-il un
âge minimum pour porter des mèches ?
Il n’y a pas une règle unique, car chaque famille et chaque enfant cultive sa différence. Certains estiment que c’est possible plus tôt, d’autres préfèrent attendre. Pour ma part, je pense qu’il faut surtout du bon sens et tenir compte du type de mèches et de la santé du cheveu. Pour certains styles, attendre la majorité peut être préférable, mais je ne blâme pas les choix des parents. L’important reste l’accompagnement et la protection du cheveu.
D’un point de vue sociologique, que représentent les mèches pour une femme ?
Pour moi, les cheveux représentent une forme de couronne. Ils participent à l’image que la femme a d’elle-même et à la manière dont elle se présente au monde. Les mèches permettent d’exprimer un style, une étape de vie, parfois une transformation. Au-delà de l’esthétique, elles peuvent renforcer la confiance et l’affirmation de soi. Chaque choix capillaire raconte quelque chose de personnel.
Projetons-nous un tant soit peu. À quel niveau voyez-vous votre business à moyen terme ?
À moyen terme, je vois la marque encore plus structurée, avec une présence renforcée et une reconnaissance solide dans notre environnement. Mon objectif est de bâtir une référence en matière de qualité, de formation et d’accompagnement des femmes. Je souhaite également développer un véritable écosystème autour de la beauté, qui crée des opportunités pour celles qui travaillent avec nous et pour celles que nous accompagnons
Quels conseils donneriez-vous à la jeune fille qui rêve d’entreprendre plus tard ?
Je lui dirais d’avoir le cardio, parce que l’entrepreneuriat demande de la patience, de la discipline et beaucoup de sacrifices. On voit souvent le résultat, mais rarement les renoncements, le travail et les moments de doute. Il faut rester concentrée, se former, accepter de perdre parfois du temps, du confort ou certaines choses, tout en gardant ses valeurs. Si la vision est claire, les sacrifices finissent par avoir un sens.
Quelle est
votre devise en business ?
Rigueur, contrôle et organisation. J’ajoute aussi le détachement, parce qu’il faut savoir prendre du recul pour mieux décider. Pour moi, un business solide repose sur une organisation claire et une discipline constante.
Quelle est
votre devise dans la vie ?
La paix, la tranquillité et la stabilité. J’accorde beaucoup d’importance au calme et à l’observation, parce que c’est dans le silence qu’on comprend mieux les choses et qu’on prend de bonnes décisions.
Quelle est
votre prière secrète ?
Une prière secrète reste secrète. Je préfère la garder entre Dieu et moi.
Cheick Yvhane