Ce décalage crée souvent un malaise. On se demande pourquoi on n’est pas plus en forme. Pourquoi la concentration est fragile. Pourquoi la reprise semble demander autant d’efforts. Et très vite, on se met la pression… alors que c’est précisément ce dont on n’a pas besoin.
La reprise n’est pas un simple retour, c’est un passage
Revenir au travail, ce n’est pas appuyer sur un interrupteur. Il faut se réadapter au rythme, aux sollicitations, aux responsabilités. Retrouver ses automatismes prend du temps, même si on connaît son métier par cœur. Cette phase de transition est normale, mais rarement reconnue.
On sous-estime ce qu’elle demande en énergie mentale. Résultat : on se fatigue davantage en essayant de fonctionner “comme avant” alors que l’on n’y est pas encore.
Se forcer à être opérationnel trop vite aggrave la fatigue
Beaucoup reprennent avec l’idée qu’il faut vite rattraper, vite prouver que la pause est derrière soi. Cette accélération précoce crée une tension inutile. Elle donne l’impression d’avancer, mais elle consomme une énergie déjà fragile.
Ce n’est pas le travail qui épuise à ce moment-là. C’est la lutte contre son propre rythme. Vouloir aller plus vite que ce que l’on peut réellement soutenir finit souvent par ralentir davantage.
Reprendre, ce n’est pas tout relancer d’un coup
Il est tentant de vouloir tout remettre en marche dès les premiers jours. Les dossiers, les projets, les réunions, les décisions. Mais cette reprise en bloc est rarement efficace. Elle surcharge l’esprit et disperse l’attention.
Revenir par petites touches change beaucoup de choses. Se concentrer sur l’essentiel, remettre certaines urgences en perspective, accepter que tout ne soit pas réglé immédiatement. Ce choix permet à l’énergie de revenir sans être sollicitée de force.
Le corps envoie des signaux qu’il vaut mieux entendre
Après les fêtes, les signaux sont souvent clairs : fatigue persistante, difficultés à se concentrer, besoin de pauses plus fréquentes. Les ignorer par principe de performance ne fait que prolonger le déséquilibre.
S’écouter à ce moment-là n’est pas un luxe. C’est une forme de lucidité. Ajuster son rythme, même légèrement, permet souvent de retrouver plus de stabilité sur la durée.
L’énergie revient quand on arrête de la presser
L’énergie n’aime pas les injonctions. Plus on lui demande de revenir vite, plus elle se fait attendre. À l’inverse, quand la pression baisse, quand le rythme se régule, quelque chose se remet en place presque naturellement.
Au travail aussi, la récupération passe par un minimum de respect de soi. Non pas pour moins s’impliquer, mais pour s’impliquer autrement, sans s’user inutilement.
Retrouver de l’énergie au travail après les fêtes sans se brusquer, ce n’est pas refuser la reprise. C’est accepter qu’elle soit progressive. Le vrai redémarrage ne se fait pas dans la précipitation, mais dans l’ajustement.
Parfois, la meilleure façon d’avancer après une pause, ce n’est pas d’accélérer, mais de laisser le mouvement se refaire à son rythme.
La rédaction