Quand tout s’arrête, le corps lâche
Pendant les fêtes, on fonctionne sur un autre carburant. L’ambiance, l’attente, l’idée que “ce n’est que temporaire” permettent de repousser les limites. On dort moins, on mange différemment, on enchaîne les moments sans toujours s’écouter. Et ça tient. Sur le moment, ça tient.
Puis tout s’arrête. Et là, le corps n’a plus de raison de faire semblant. Ce qui était mis de côté refait surface. La fatigue n’arrive pas après les fêtes par hasard : elle était déjà là, simplement contenue.
Une fatigue qui touche aussi l’intérieur
Ce que l’on sous-estime le plus, c’est l’énergie émotionnelle dépensée pendant cette période. Être présent, disponible, agréable. Gérer les relations familiales, les non-dits, les absences, parfois les tensions. Tout cela demande une attention constante, souvent silencieuse.
Quand les fêtes se terminent, il ne reste plus rien pour masquer cette dépense intérieure. On se sent vide, sans élan, parfois un peu irritable. Pas triste forcément. Juste vidé.
Le malaise de janvier : quand on se sent “en retard”
Janvier arrive avec une idée très claire : il faudrait repartir. Être efficace. Se remettre en mouvement. Comme si le simple fait de changer de mois suffisait à recharger les batteries. Mais quand le corps et l’esprit ne suivent pas, un décalage s’installe.
On se dit qu’on devrait aller mieux. Qu’on exagère peut-être. Et ce jugement ajoute une couche de fatigue supplémentaire. On lutte contre un état qui demande simplement à être reconnu.
Accepter le contrecoup change beaucoup de choses
La fatigue de l’après-fêtes n’est pas un problème à résoudre. C’est un signal. Celui d’un organisme qui cherche à se rééquilibrer après une période dense. L’écouter ne veut pas dire tout arrêter. Cela veut dire ralentir un peu, alléger certaines attentes, accepter que la reprise soit progressive.
Ce temps d’ajustement évite souvent de commencer l’année déjà à bout.
Une transition, pas un échec
Cette fatigue n’est ni une faiblesse ni un raté des fêtes. Elle fait partie du cycle. Donner, partager, tenir… puis récupérer. Le problème, ce n’est pas de ressentir ce contrecoup. C’est de vouloir l’effacer trop vite.
La fatigue de l’après-fêtes est sous-estimée parce qu’elle arrive à contretemps, quand tout le monde parle de renouveau. Pourtant, elle mérite d’être entendue. Elle rappelle simplement que l’on ne passe pas d’une période intense à un quotidien équilibré sans une zone intermédiaire.
Parfois, bien commencer l’année ne signifie pas repartir fort. Cela signifie revenir doucement à soi, avant d’aller plus loin.
La rédaction