Une passion née dès l’enfance
« Déjà depuis petite, j’étais attirée par le cinéma », confie-t-elle. Mais comme beaucoup de jeunes, elle emprunte d’abord une voie plus sécurisée.
En
2011, elle obtient un baccalauréat scientifique, puis s’inscrit
en sciences économiques. Elle décroche une licence
et poursuit ses études en banque, finance et assurance.
Son parcours semble alors orienté vers une carrière
stable.
Pourtant, la passion persiste. Pendant ses années universitaires, elle scrute les annonces de castings et décroche ses premiers rôles dans des séries. Une première immersion qui renforce sa conviction.
Le choix décisif : abandonner la voie conventionnelle
Progressivement, le cinéma s’impose à elle comme une évidence. La voie qu’elle suit ne correspond plus à ce qu’elle ressent profondément.
« Le cinéma a pris le dessus. J’ai abandonné pour me consacrer à ma passion », explique-t-elle. Ce choix marque une rupture. Elle renonce à la sécurité d’un parcours traditionnel pour suivre une vocation incertaine, mais essentielle.
Déterminée à transformer sa passion en métier, elle part en Tunisie suivre une formation de trois ans en assistanat à la réalisation audiovisuelle, qu’elle achève avec une licence. Cette période marque une transition décisive : elle ne veut plus seulement jouer, elle veut créer.
« Au fur et à mesure, j’ai eu envie d’écrire et de faire une web-série », raconte-t-elle. À un moment, elle envisage même de poursuivre sa formation au Canada. Mais elle abandonne finalement ce projet, préférant tracer sa propre voie.
2017 : le tournant de la web-série
Le véritable déclic survient en 2017. Avec des moyens extrêmement limités, elle décide de produire sa première web-série, Un Babatchê à tout prix.
Sans budget, elle mise sur l’ingéniosité et la collaboration. Elle négocie avec un réalisateur disposant du matériel et lui propose un partage des revenus futurs. Les comédiens sont des amis, associés au projet selon le même principe.
« Je n’ai pas eu besoin de beaucoup d’argent pour commencer », résume-t-elle. Diffusée sur internet, la série rencontre un succès inattendu. Elle est ensuite rachetée par une plateforme française. Cette reconnaissance change sa perception.
« C’est à partir de là que j’ai eu le déclic », dit Odo Marie. Pour la première fois, elle comprend qu’il est possible de vivre de sa passion, mais surtout de maitriser sa trajectoire professionnelle.
D’actrice à entrepreneure
Forte de cette expérience, Odo Marie franchit une nouvelle étape. Elle fonde OMovies, sa propre maison de production. Elle refuse désormais d’attendre les opportunités : elle les crée.
Elle diversifie également ses activités, en lançant un studio de podcast et une boutique de lingerie. Cette stratégie répond à une réalité économique, mais aussi à une conviction profonde.
« Une femme qui est indépendante financièrement, c’est une femme qui a le choix », affirme l’actrice. Son parcours illustre une philosophie claire : ne pas attendre les conditions parfaites pour agir.
Une vision portée par l’indépendance et la persévérance
Pour Odo Marie, le cinéma dépasse la simple ambition personnelle. C’est un engagement.
« Le cinéma, c’est un métier noble. Ce n’est pas de l’amusement », insiste-t-elle. Créer signifie transmettre, construire et contribuer à quelque chose de plus grand que soi.
Aujourd’hui, elle se définit sans hésiter : « Je suis une femme audacieuse. Quand j’ai envie de faire quelque chose, je me lance et j’y vais à fond. Je persévère quoi qu’il arrive. »
Son conseil à ceux qui hésitent encore est simple, presque évident : « Quoi que tu rêves d’entreprendre, commence. »
Le parcours d’Odo Marie en est la preuve : ce ne sont pas les moyens qui déterminent une trajectoire, mais le courage de faire le premier pas.
Odo Marie s’apprête à franchir une nouvelle étape dans sa carrière avec son premier long métrage intitulé Y a braquage au village. Cette comédie se déroulant en milieu rural sera diffusée dans les salles de cinéma à la fin du mois de mars.
Richard Konan