L’enfant peut appréhender le changement de rythme, avoir peur d’une nouvelle classe, regretter les vacances ou simplement ne pas avoir envie de quitter un quotidien dans lequel il se sentait bien. Avant de chercher à le convaincre à tout prix, il est donc utile de comprendre ce qu’il ressent.
Pourquoi un enfant ne veut-il pas retourner à l’école ?
La rentrée scolaire représente un changement
important après plusieurs semaines de vacances. L’enfant doit retrouver des
horaires précis, se lever plus tôt, reprendre les devoirs et passer à nouveau
une partie de ses journées loin de ses parents.
Chez certains enfants, cette transition peut
provoquer du stress ou de l’appréhension.
Il peut aussi y avoir une inquiétude plus
précise, notamment une nouvelle classe, un enseignant, les résultats scolaires, les
relations avec les camarades ou la peur de ne pas réussir.
C’est pourquoi il est préférable de chercher
ce qui se cache derrière le « je ne veux pas y aller » plutôt que de considérer
immédiatement cette réaction comme un simple caprice.
Écouter son enfant sans minimiser ses inquiétudes
« Tu vas quand même aller à l’école. » «
Arrête de faire des histoires. » « Tout le monde retourne en classe. »
Ces phrases peuvent sembler logiques. Elles
ne répondent cependant pas forcément à ce que l’enfant ressent.
S’il dit qu’il ne veut pas retourner à
l’école, demandez-lui plutôt ce qui lui déplaît.
Est-ce le réveil matinal ? Les devoirs ? La
séparation avec les parents ? Une nouvelle classe ? Un enseignant ? La peur de
ne pas réussir ?
Il n’aura peut-être pas la réponse
immédiatement. L’important est qu’il sente qu’il peut en parler sans être
automatiquement réprimandé.
Éviter de présenter la rentrée comme une menace
Quand un enfant rechigne, il peut être
tentant de lui rappeler tout ce qui l’attend, c'est-à-dire les devoirs, les contrôles, les
règles ou les mauvaises notes s’il ne travaille pas.
Ce n’est probablement pas le meilleur moyen
de l’aider à aborder la rentrée sereinement.
La reprise représente déjà un changement. Inutile
d’en rajouter en présentant l’année scolaire comme une longue liste
d’obligations et de contraintes.
On peut parler de l’école avec sérieux sans
en faire une source permanente de pression.
Lui rappeler les bons côtés de l’école
Il n’est pas nécessaire de faire un grand discours pour convaincre un enfant de retourner en classe. Parlez simplement de ce qu’il aime.
Ses amis seront-ils là ? Y a-t-il une matière
qu’il apprécie ? Une activité qu’il attend ? Un camarade qu’il a envie de
retrouver ?
Pour certains enfants, le simple fait de
penser aux personnes qu’ils vont revoir suffit à rendre la rentrée un peu moins
difficile.
Et s’il n’a aucun élément positif à citer, ce
n’est pas grave. Cela donne justement une occasion de discuter davantage de ce
qui le préoccupe.
Reprendre progressivement le rythme scolaire
Après plusieurs semaines de vacances, le corps s’habitue à un autre rythme. On se couche plus tard. On se réveille sans réveil. Les journées sont moins organisées.
Puis soudain, il faut se lever tôt et respecter un programme précis. Plutôt que d’attendre le premier jour pour tout changer, il peut être utile de reprendre progressivement les horaires habituels quelques jours avant la rentrée.
Le changement sera moins brutal et les
premiers matins pourront être un peu plus faciles.
Préparer le premier jour avec son enfant
La veille de la rentrée, tout devrait idéalement être prêt. Les vêtements, le sac, les fournitures nécessaires, l’heure du réveil.
Mais cette préparation peut aussi devenir un petit moment partagé. Demandez à l’enfant s’il veut choisir sa tenue, vérifier son sac ou préparer certaines affaires avec vous. Cela lui permet de participer au retour à l’école au lieu de simplement subir les décisions des adultes.
Et puis, cela évite la course du lendemain
matin.
Éviter de comparer son enfant avec les autres
« Ton frère, lui, était content de retourner à l’école. » « Tes cousins sont déjà prêts. » « Regarde les autres enfants, ils ne se plaignent pas. » Les comparaisons sont rarement utiles.
Chaque enfant vit la rentrée à sa manière.
Certains sont impatients de retrouver leurs amis. D’autres ont besoin de
quelques jours pour retrouver leurs repères.
Le fait qu’un autre enfant soit enthousiaste
ne signifie pas que celui qui appréhende la rentrée a un problème.
Que faire si le refus d’aller à l’école persiste ?
Un enfant qui dit une fois qu’il ne veut pas
retourner en classe n’a pas forcément besoin d’une intervention particulière.
En revanche, si le refus devient très
fréquent, s’accompagne d’une forte anxiété, de troubles du sommeil, de douleurs
répétées ou d’une véritable peur d’aller à l’école, il vaut mieux chercher à comprendre
ce qui se passe.
Une discussion avec l’enseignant ou un spécialiste peut permettre d’avoir un autre regard sur la situation.
L’objectif n’est pas de forcer l’enfant à «
être courageux » à tout prix. Il s’agit de comprendre ce qui rend l’école
difficile pour lui.
Rassurer son enfant sans nier ses émotions
Un enfant n’a pas toujours besoin qu’on lui promette que tout sera parfait. Il a parfois simplement besoin d’entendre : « Je comprends que tu appréhendes. On va voir comment ça se passe et tu pourras m’en parler. »
Cette phrase laisse une place à son émotion
sans lui donner le sentiment que la rentrée est une catastrophe.
Le message est simple : tu peux avoir peur,
être triste ou ne pas avoir envie. Mais tu n’as pas à gérer cela seul.
La rentrée peut prendre quelques jours
Le premier matin ne déterminera pas toute
l’année scolaire.
Il peut y avoir des pleurs, de la fatigue, de
la mauvaise humeur ou un peu de nostalgie des vacances. Puis, progressivement,
les habitudes reviennent.
Les enfants retrouvent leurs camarades,
reprennent leurs activités et découvrent leur nouvelle classe.
Le rôle des parents n’est pas de faire disparaître
toutes les difficultés avant même qu’elles apparaissent. Il est surtout
d’accompagner l’enfant avec suffisamment de calme pour qu’il puisse retrouver
ses repères.
Après tout, ne pas avoir envie de retourner à
l’école après plusieurs semaines de vacances est parfois simplement une façon
de dire : « J’étais bien à la maison. »
Et cette phrase mérite peut-être d’être entendue avant d’être corrigée.
La rédaction