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La méchanceté est un lion qui commence par bondir d'abord sur son maître. - Proverbe africain
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Séguéla (Région du Worodougou)

Entre légendes et patrimoine : la nature dévoile des pépites !

La « Sublime Côte d’Ivoire » regorge de nombreux sites touristiques aussi beaux que mythiques. Ces lieux constituent des symboles de l’histoire pour certaines villes et régions de notre destination. À l’instar du Worodougou, au Nord-Ouest du pays, avec sa capitale, Séguéla.

il y a 1 heure

Chef-lieu de la région du Worodougou, Séguéla, est une ville au passé chargé d’histoires créées par des descendants de l’empereur du royaume mandingue et héros de la grande épopée du XIIe siècle, Soundjata Kéïta.

En effet, la ville, qui tient son appellation de ‘’sèguè’’, arbre bien connu dans la région, est restée profondément fidèle à ses valeurs ancestrales, en dépit d’une islamisation, dominée par les grandes familles de la cité (les Soumahoro, les Binaté, les Diomandé, les Bakayoko et les Dosso). Elle a su garder son authenticité et son traditionalisme encore perceptibles à travers son architecture, et qui en a fait l’une des villes les plus visitées du pays.

Allons donc à la découverte de la ville historique de Séguéla, entre mythes et légendes, nature et culture, patrimoine et authenticité, à travers des sites iconiques.

Arbre, havre d'hospitalité, sève de transmission 

Pour en revenir à l’arbre originel, il incarne, à bon escient, l’arbre à palabres et de rassemblement, traduisant, la stabilité, la mémoire et la continuité des générations. Bien plus, dans ses usages traditionnels, en guise d’hospitalité, il est l’abri naturel pour les voyageurs et les marchés et où se déclament les récits oraux et légendes locales dont nous vous racontons un pan, à travers des sites et localités environnantes.


Siana, sa mosquée soudanaise, sa forêt sacrée et ses artisans

 Située à 22 Km de Séguéla, la mosquée historique de Siana reste l’une des attractions majeures de la région. Autour de la vieille mosquée, se trouve le village des artisans. Les tisserands, fileuses de coton, potières et les fabricants de meubles en bambou feront apprécier tout leur savoir-faire.

Cette mosquée, récemment réhabilitée par les bons soins de l’Office ivoirien du patrimoine culturel (OIPC) se dresse fièrement dans son style de type soudanais. L’édifice, malgré un état de dégradation avancée, résistait au temps. En instance d’être inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO, cette mosquée qui date du 16e siècle est un témoignage vivant de l’architecture traditionnelle et de la riche histoire culturelle de la région du Worodougou.

Selon la Direction régionale du Tourisme et des Loisirs du Worodougou, ce monument, l’un des plus anciens de la Côte d’Ivoire, a été construit en banco par la famille Dosso qui a bénéficié de l’appui de la famille Bakayoko. Cet édifice religieux aurait permis aux villageois d’éviter d’être attaqués par Samory Touré, chef de guerre du 19e siècle.

La mosquée de Siana datant de plus de 300 ans, au total, est une véritable richesse à la fois historique, culturelle et touristique. Elle figure au premier plan des curiosités touristiques dans la région. Toujours dans le village de Siana, l’on retrouve une forêt mystérieuse. Le mystère de cette forêt réside en la disparition des jeunes filles en âge d’être excisées.

Ces disparitions aux allures mystiques auraient conduit à l’abolition de l’excision dans toute la région et plus tard dans tout le pays. Les fileuses transforment, à la main, du coton brut en fil qu’elles mettent à la disposition des tisserands et autres commerçants pour de multiples usages. Le processus, entièrement artisanal, se mène à travers les outils que sont une pierre pour égrainer le coton, deux palettes en bois pour l’affiner et une quenouille, pour enrouler le fil.

Quant aux fabricants de meubles et d’objets divers en bambou, ils sont capables de reproduire toute sorte d’objets grandeur nature ou en miniature à partir de matériau séché.


La mare aux silures sacrés d’Oussougoula

Ce site, situé à une vingtaine de kilomètres de Séguéla sur la voie menant à Kani, est sollicité par les populations à l’effet de trouver une solution à leurs problèmes. La mare est témoin également d’offrandes régulières de la part de personnes ayant été satisfaites après avoir trouvé des solutions à leurs problèmes.

Massala et son granite, Bobi et son diamant

Dans la sous-préfecture de Massala, une roche attire l’attention de tout visiteur. Son granite d’un rose inhabituel a été utilisé pour la construction de la basilique Notre Dame de la Paix de Yamoussoukro.

Dans la localité de Bobi, l’extraction artisanale du diamant brut est l’activité principale. L’économie de la région de Séguéla a, très longtemps, reposé sur l’exploitation des ressources naturelles du sol et du sous-sol. En effet, ce site est célèbre du fait de l’exploitation du diamant. Depuis une décennie, l’activité principale de la région est l’exploitation du diamant fait par les villageois. Ces exploitants sont organisés en GVC (Groupement à vocation coopérative) et le fruit de leur production profite à tout le village.

À Bobi, la montagne Massasso donne une vue panoramique sur les environs. La montagne comporte une grotte qui servait jadis, en cas d’attaque, de refuge aux populations.

Deux baignoires naturelles, dont l’une aurait servi à laver les nouveau-nés afin d’obtenir la bénédiction des mânes des ancêtres et la seconde destinée aux femmes stériles pour qu’elles puissent enfanter, sont visibles au pied de la montagne.

Rémi Coulibaly

Journaliste chef de service médias ministère du Tourisme et des Loisirs, contributeur