Il y a des jours où tu n'as rien fait de particulier. Pas de réunion catastrophique. Pas de mauvaise nouvelle. Et pourtant le soir tu es à plat. Vidé. Sans raison apparente. Ce qui épuise ce n'est pas le travail, mais ce qui se passe autour du travail.
Être disponible pour tout le monde
Répondre
vite. Ne laisser personne sans réponse. Être là quand on t'appelle. Ça
ressemble à une qualité. En vrai c'est une fuite. Tu remplis l'espace des
autres pour ne pas rester seul avec le tien. Et ton cerveau, lui, ne se repose
jamais vraiment.
Se comparer en permanence
Tu
ouvres Facebook pour « juste regarder ». Et sans t'en rendre compte tu commences
à faire des calculs. Lui il a lancé ça. Elle voyage encore. Eux ils avancent.
Et toi ? La comparaison ne dit jamais clairement que tu es en retard. Elle
installe juste une gêne. Un malaise flou qui reste.
Tourner en boucle dans sa tête
Rejouer
ce que tu aurais dû dire. Anticiper ce qui pourrait mal tourner. Analyser une
réaction que tu as peut-être mal lue. Ce n'est pas de la réflexion. C'est du
bruit. Et le bruit épuise autant que l'effort, parfois plus.
Croire qu'on se repose parce qu'on est assis
Téléphone
en main. Notifications ouvertes. Tête encore dans la journée. Ce n'est pas du
repos. C'est de l'épuisement en mode silencieux. Le cerveau n'a pas décroché il attend juste la prochaine sollicitation.
Dire oui quand on pense non
Par
politesse. Par habitude. Parce que le conflit coûte cher aussi. Mais chaque oui
forcé prend quelque chose en toi. Pas beaucoup à la fois. Juste assez pour que le
cumul finisse par peser.
Vouloir contrôler ce qui ne se contrôle pas
Prévoir
chaque imprévu. Anticiper chaque problème. Il y a une fatigue particulière dans cette attitude parce que l'incontrôlable arrive quand même. Et tu as dépensé de l'énergie
à résister à quelque chose qui existait malgré toi.
Consommer sans jamais s'arrêter
Le
flux ne finit pas. Donc le cerveau n'arrête pas de fonctionner. À un moment il sature pas avec
un signal clair, juste sourdement. Tu te sens vide sans savoir depuis quand
c'est installé.
Se
parler comme on ne parlerait à personne d'autre
« C'était nul. » « J'aurais dû. » « Encore. » Tu ne dirais jamais ça à quelqu'un que tu respectes. Mais à toi-même ça sort facilement. Et ça laisse des traces que tu ne vois pas tout de suite.
L'épuisement mental ne prévient pas. Il s'accumule dans des gestes que tu fais chaque jour sans y penser. Jusqu'au soir où tu n'as plus d'énergie pour rien et tu ne sais même pas pourquoi.
La première étape ce n'est pas de tout changer. C'est juste de nommer ce qui vide. Parfois ça suffit à commencer.
La rédaction