Mot d'Esprit
Ne cherchez pas à devenir la copie de quelqu'un. Inspirez vous des modèles, mais osez devenir pleinement vous-même. - Nialé Kaba
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Faut-il apprendre à partir pour se retrouver ?

Voyages, solitude choisie, introspection

Je suis souvent entourée. Mon métier est axé sur l’humain. Il m’amène à rencontrer et interagir avec des milliers de personnes à travers le monde chaque année. Je navigue entre formations, coaching, conférences, événements, émissions télés ou podcasts, et ce du Caire au Cap et de Dakar à Addis Abeba. J’aime profondément les êtres humains, écouter leurs histoires, comprendre leurs parcours, partager leurs aspirations, les accompagner dans leur transformation.

il y a 3 heures

Beaucoup de personnes me perçoivent comme une femme extravertie, toujours en mouvement et en interaction. C’est la réalité, mais la face cachée de l’iceberg, c’est que pour pouvoir donner aux autres, j’ai besoin régulièrement de me retrouver seule avec moi-même.

Avec les années, j’ai compris une chose essentielle : il faut parfois apprendre à partir pour se retrouver. Cela ne veut pas forcément dire partir loin, prendre un avion ou traverser un continent.

Parfois, partir signifie simplement s’éloigner du bruit des sollicitations, des obligations, des attentes des autres et même de nos propres habitudes.

Nous vivons dans une époque où l’occupation permanente apparaît comme un facteur d’accomplissement professionnel une norme. Nous remplissons nos agendas comme si le vide était un ennemi. Nous passons d’une réunion à un appel, d’un message à une notification, d’une urgence à une autre. Dans cette agitation quasi permanente, quel temps de réflexion personnel avons-nous vraiment ?

Quand prenons-nous du recul sur notre vie afin d’écouter ce que nous ressentons profondément ? Je vous invite à vous interroger sur la dernière fois où vous avez pris le temps de vous écouter... En 2019, j’ai fait un burn-out. J’étais à fleur de peau, j’étais épuisée et je n’arrivais plus à réfléchir de manière constructive.

En 2024, c’est mon corps qui m’a lâchée au cours d’une mission à Kolwezi. Malgré les signaux de mon corps, je n’avais pas pris assez de recul pour l’écouter. Et pourtant je sais m’arrêter. Mais cet épisode m’a rappelé que les idées les plus importantes de ma vie ne sont jamais apparues en pleine agitation.

Pour me ressourcer j’ai compris il y a longtemps que le calme de la nature ainsi que sa beauté favorisent ma créativité.

Quelques heures au bord de la mer où en pleine nature ont un grand impact sur la restauration de mon énergie.

Et ce bien sûr avec le téléphone éteint afin d’échapper à l’instantanéité des notifications qui contribuent à la pollution mentale de notre époque. se retirer seul pendant une journée peut sembler être un exercice difficile mais c’est une question de survie personnelle.

Nous avons tendance à culpabiliser lorsqu’on ose ralentir, liant notre valeur à notre niveau d’agitation. Comme si nous avions quelque chose à prouver au monde.

J’ai découvert les bienfaits du repos, du silence et de la solitude. Tous sont nécessaires pour réparer son corps et restaurer son mental pour revenir avec plus de vitalité, de lucidité et d’alignement.

Pour me recharger et retrouver mon ancrage, ma créativité et ma vision, je fais une retraite plusieurs semaines par an pour m’éloigner du quotidien pas par fuite, mais plutôt pour mon bien-être.

Cette période permet de me remettre en question et de laisser émerger les questions que le brouhaha du quotidien a mis en sourdine. Je me rappelle aussi pourquoi je fais ce que je fais.

Ce voyage intérieur introspectif qui est trop souvent négligé, nous oblige à nous regarder avec honnêteté, à faire une auto évaluation et ainsi accueillir nos doutes, nos rêves, nos blessures et nos ambitions dans l’optique de prendre conscience de ce qui doit évoluer en nous.

De ces moments face à nous-mêmes, naissent les plus grandes transformations et le courage d’agir en direction de ses rêves.

Nous vivons une époque où nous ne sommes jamais seuls : le téléphone vibre toujours pour une notification.

D’autre part, il y a notre mode de vie africain où nous avons la chance d’être portés par le collectif, la famille, la communauté. Le social est une richesse immense, mais je crois aussi que nous devons valoriser les espaces de retraite individuelle, le temps d’une journée, d’un week-end même de quelques heures. Quelle que soit la durée, nous offrir cette parenthèse est une opportunité de se recentrer vers notre Moi intuitif et vibrant. Et pourquoi pas réaliser que la personne que nous cherchions dans le chaos du monde était juste en nous attendant la paix du silence intérieur pour se manifester.

Nabou Fall

Coach en leadership et communication transformationnelle