La popularité ne dit rien de la qualité d'un leader
Un leader populaire n'est pas forcément un bon leader. Être apprécié fait plaisir, mais ça ne tient pas lieu de boussole.
Les décisions qui comptent sont souvent inconfortables : elles font des mécontents et déclenchent des critiques.
Réorganiser une équipe, refuser une demande, fixer une limite, reconnaître qu'une personne n'est pas à la bonne place. Dans ces cas-là, le leader tranche pour l'efficacité, quitte à y perdre en popularité. Il doit l'accepter : il ne sera pas toujours aimé.
Le respect pèse plus lourd que la sympathie
Être aimé dépend beaucoup de votre talent à faire plaisir. Le respect s'appuie sur autre chose : la cohérence, la compétence, l'équité et la parole tenue. Un responsable qui dit oui à tout perd vite sa crédibilité.
Celui qui explique ses décisions, écoute et maintient ses
limites obtient une confiance durable.
Savoir dire non
C'est probablement la compétence la plus difficile à acquérir quand on dirige. Non à une mauvaise idée, à une faveur injustifiée, à un comportement inacceptable, à une demande que le temps ou les ressources ne permettent pas d'honorer.
Un leader qui ne refuse jamais envoie un message contradictoire : il n'y a pas de limites. Or une équipe a besoin de repères.
La manière compte : on peut refuser avec fermeté sans devenir agressif, et rester exigeant sans manquer de respect.
Quand la situation se complique
Tout le monde décide correctement quand tout va bien. Le leadership se mesure dans les moments de tension : un choix entre deux options imparfaites, un conflit qui éclate, une erreur à reconnaître, une décision impopulaire à assumer.
Chercher l'approbation de chacun à ce stade devient un piège. Un leader efficace écoute les avis et analyse les conséquences avant de prendre ses responsabilités.
L'écoute n'enlève rien à l'autorité
Attention toutefois à ne pas tomber dans l'excès inverse. Renoncer à être aimé n'oblige pas à devenir froid ou inaccessible.
Un bon leader écoute, tient compte des émotions de son équipe, accepte la critique et reconnaît ses erreurs. Écouter ne veut pas dire laisser aux autres le dernier mot. Sa peur de décevoir ne dicte simplement pas ses décisions : il peut entendre « Je ne suis pas d'accord avec toi » sans se dire qu'il doit changer de cap pour rester apprécié.
Les actes pèsent plus que les discours
Une équipe regarde ce que fait son leader bien plus qu'elle n'écoute ce qu'il dit. Exiger de la ponctualité en arrivant toujours en retard, réclamer de la transparence sans admettre ses propres erreurs : le message perd toute sa force.
Et celui qui change de position à chaque critique laisse son équipe sans direction. La cohérence n'est pas de la rigidité pour autant.
Défendre une décision aujourd'hui et la corriger demain, quand de nouveaux éléments montrent qu'elle était mauvaise, relève de la même logique : ferme sur les valeurs, souple sur les méthodes.
Entourez-vous de gens capables de vous contredire
Un leader n'a que faire d'une salle remplie de personnes qui disent oui à tout. Il lui faut des gens qui travaillent, proposent des idées, signalent les problèmes et lui disent parfois qu'il se trompe.
Le meilleur leadership fait grandir les autres plutôt que de créer de l'admiration ou de la dépendance. Reste une question à se poser, plus exigeante qu'il n'y paraît : les personnes que j'accompagne deviennent-elles meilleures grâce à moi ?
Fermeté et empathie
Renoncer à être aimé ne dispense pas de se
soucier des autres. Le leadership efficace tient entre les deux : écouter sans
se laisser manipuler, corriger sans humilier. On juge un leader au chemin
parcouru par ceux qu'il accompagne, rarement aux applaudissements.
Au bout du compte, un leader ne se mesure pas au nombre de personnes qui l’applaudissent. Il se mesure aussi au nombre de personnes qu’il aide à avancer.
Chercher le respect plutôt que la popularité. Chercher la confiance plutôt que l’admiration. Et surtout, chercher à avoir de l’impact plutôt qu’à plaire à tout le monde. C’est peut-être là que commence le véritable leadership.
La rédaction