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Next Gen 2026 : les nouvelles règles du succès

Le 11 juin 2026 à Abidjan, à l'occasion de la première édition de Next Gen organisée par Le Boulevard dans le cadre de son 10e anniversaire, entrepreneurs, créatifs et acteurs du changement ont partagé leurs expériences devant un public majoritairement jeune.

il y a 4 heures

À travers des témoignages marqués par les échecs, les remises en question et les rebonds, les intervenants ont livré des clés concrètes pour réussir dans un environnement en constante évolution.

Le succès ne s'écrit pas toujours en ligne droite. C'est l'une des principales leçons retenues de la première édition de Next Gen, organisée à Abidjan par le média Le Boulevard. Pensé comme un espace de transmission entre figures inspirantes et nouvelle génération de leaders, l'événement a réuni des entrepreneurs, des créatifs et des professionnels venus partager les réalités souvent méconnues de leurs parcours.

Au fil des interventions, un constat s'est imposé : derrière chaque réussite se cachent des doutes, des échecs, des ajustements et une capacité permanente à se réinventer.

La résilience comme premier levier de réussite

Première à prendre la parole, la créatrice de mode Axelle Sanogo a choisi de raconter l'envers du décor de son aventure entrepreneuriale. Auditrice de formation, rien ne la destinait à évoluer dans l'univers de la mode. Pourtant, portée par le désir de créer une marque qui lui ressemble, elle décide de se lancer dans la conception de sacs à main en portant son propre nom.

Un choix audacieux qui suscite rapidement interrogations et critiques. Malgré des débuts commerciaux encourageants, l'entrepreneure doit faire face au doute et au regard des autres.

Pour elle, la réussite ne se mesure pas à l'absence de difficultés, mais à la capacité de les surmonter. « La réussite n'est pas l'absence d'échec. La réussite, c'est la capacité à survivre aux échecs », a-t-elle déclaré, invitant les jeunes présents à persévérer même lorsque les résultats tardent à venir.


L'adaptabilité, une compétence incontournable

Pour Christian Méhari, cofondateur d'Easy Transfer, la réussite entrepreneuriale repose avant tout sur la capacité à s'adapter.

Avant de bâtir l'une des fintechs les plus prometteuses de la sous-région, lui et ses associés ont multiplié les projets : plateforme éducative, application de livraison, covoiturage, commerce de matériel informatique ou encore activités de trading. Autant d'expériences qui auraient pu être perçues comme des échecs.

Au contraire, elles ont constitué les fondations de leur réussite actuelle.

Son intervention a mis en lumière une distinction essentielle entre le plan et la vision. Les stratégies évoluent, les marchés changent et les technologies transforment les usages. En revanche, la vision doit demeurer intacte.

« Le marché ne récompense pas ceux qui s'accrochent à leurs idées. Il récompense ceux qui savent les faire évoluer », a-t-il souligné.

Selon lui, la véritable force de l'entrepreneur moderne réside dans sa capacité à apprendre continuellement et à ajuster son modèle lorsque les circonstances l'exigent.

Réussir sans être sous les projecteurs

Dans un contexte où la visibilité est souvent présentée comme un indicateur de réussite, l'intervention de Charline Gui a apporté un éclairage différent.

Juriste et manageuse d'artistes entre la France et la Côte d'Ivoire, elle évolue dans un secteur où toute l'attention se porte généralement sur les artistes. Pourtant, derrière chaque carrière se trouve un travail de l'ombre déterminant : négociations contractuelles, gestion des risques, stratégie de développement ou encore accompagnement humain.

À travers son parcours, elle a rappelé que l'influence ne se mesure pas nécessairement à la notoriété.

« Je n'ai pas besoin que tout le monde connaisse mon nom. Ce dont j'ai besoin, c'est que les bonnes personnes sachent où me trouver », a-t-elle affirmé.

Pour cette professionnelle de l'industrie musicale, la valeur d'un parcours se mesure davantage à l'impact créé qu'à l'exposition médiatique obtenue.


La constance comme facteur de différenciation

Fondateur du média Le Boulevard, Yves Melvine Kouadio a partagé les coulisses de la construction d'un média devenu une référence auprès de la jeunesse ivoirienne.

Loin d'un succès instantané, son parcours est jalonné de projets interrompus, de remises en question et de relances successives. Mais une constante est restée présente : la volonté de continuer malgré les obstacles.

Pour lui, la différence entre ceux qui réussissent et ceux qui abandonnent ne réside pas toujours dans le talent ou les ressources disponibles. Elle se trouve souvent dans la capacité à maintenir ses efforts dans la durée.

Cette discipline quotidienne a permis au média de construire progressivement sa communauté et d'accroître son influence au fil des années.

Une nouvelle vision du succès

Au-delà de la diversité des profils présents sur scène, les interventions ont convergé vers une même idée : la réussite ne se limite plus à l'obtention d'un diplôme, à un poste prestigieux ou à des performances financières.

Pour cette génération d'entrepreneurs et de créatifs, réussir signifie apprendre de ses erreurs, savoir se remettre en question, évoluer avec son environnement et rester fidèle à sa vision.

Qu'il s'agisse de mode, de fintech, d'industrie musicale ou de médias, les parcours présentés lors de Next Gen racontent une même histoire : celle de femmes et d'hommes qui ont accepté l'incertitude comme partie intégrante du chemin vers le succès.

Un message fort pour les nombreux jeunes présents à Abidjan ce 11 juin 2026, repartis avec une conviction partagée : les échecs ne sont pas des obstacles à la réussite, mais bien souvent les premières étapes qui y conduisent.

Maurelle Kouakou