À travers des témoignages marqués par les échecs, les remises en question et les rebonds, les intervenants ont livré des clés concrètes pour réussir dans un environnement en constante évolution.
Le
succès ne s'écrit pas toujours en ligne droite. C'est l'une des principales
leçons retenues de la première édition de Next Gen, organisée à Abidjan par le
média Le Boulevard. Pensé comme un espace de transmission entre figures
inspirantes et nouvelle génération de leaders, l'événement a réuni des
entrepreneurs, des créatifs et des professionnels venus partager les réalités
souvent méconnues de leurs parcours.
Au
fil des interventions, un constat s'est imposé : derrière chaque réussite se
cachent des doutes, des échecs, des ajustements et une capacité permanente à se
réinventer.
La résilience
comme premier levier de réussite
Première
à prendre la parole, la créatrice de mode Axelle Sanogo a choisi de raconter
l'envers du décor de son aventure entrepreneuriale. Auditrice de formation,
rien ne la destinait à évoluer dans l'univers de la mode. Pourtant, portée par
le désir de créer une marque qui lui ressemble, elle décide de se lancer dans
la conception de sacs à main en portant son propre nom.
Un
choix audacieux qui suscite rapidement interrogations et critiques. Malgré des
débuts commerciaux encourageants, l'entrepreneure doit faire face au doute et
au regard des autres.
Pour
elle, la réussite ne se mesure pas à l'absence de difficultés, mais à la
capacité de les surmonter. « La réussite n'est pas l'absence d'échec. La
réussite, c'est la capacité à survivre aux échecs », a-t-elle déclaré, invitant
les jeunes présents à persévérer même lorsque les résultats tardent à venir.
L'adaptabilité,
une compétence incontournable
Pour
Christian Méhari, cofondateur d'Easy Transfer, la réussite entrepreneuriale
repose avant tout sur la capacité à s'adapter.
Avant
de bâtir l'une des fintechs les plus prometteuses de la sous-région, lui et ses
associés ont multiplié les projets : plateforme éducative, application de
livraison, covoiturage, commerce de matériel informatique ou encore activités
de trading. Autant d'expériences qui auraient pu être perçues comme des échecs.
Au
contraire, elles ont constitué les fondations de leur réussite actuelle.
Son
intervention a mis en lumière une distinction essentielle entre le plan et la
vision. Les stratégies évoluent, les marchés changent et les technologies
transforment les usages. En revanche, la vision doit demeurer intacte.
«
Le marché ne récompense pas ceux qui s'accrochent à leurs idées. Il récompense
ceux qui savent les faire évoluer », a-t-il souligné.
Selon
lui, la véritable force de l'entrepreneur moderne réside dans sa capacité à
apprendre continuellement et à ajuster son modèle lorsque les circonstances
l'exigent.
Réussir sans être
sous les projecteurs
Dans
un contexte où la visibilité est souvent présentée comme un indicateur de
réussite, l'intervention de Charline Gui a apporté un éclairage différent.
Juriste
et manageuse d'artistes entre la France et la Côte d'Ivoire, elle évolue dans
un secteur où toute l'attention se porte généralement sur les artistes.
Pourtant, derrière chaque carrière se trouve un travail de l'ombre déterminant
: négociations contractuelles, gestion des risques, stratégie de développement
ou encore accompagnement humain.
À
travers son parcours, elle a rappelé que l'influence ne se mesure pas
nécessairement à la notoriété.
«
Je n'ai pas besoin que tout le monde connaisse mon nom. Ce dont j'ai besoin,
c'est que les bonnes personnes sachent où me trouver », a-t-elle affirmé.
Pour
cette professionnelle de l'industrie musicale, la valeur d'un parcours se
mesure davantage à l'impact créé qu'à l'exposition médiatique obtenue.
La constance
comme facteur de différenciation
Fondateur
du média Le Boulevard, Yves Melvine Kouadio a partagé les coulisses de la
construction d'un média devenu une référence auprès de la jeunesse ivoirienne.
Loin
d'un succès instantané, son parcours est jalonné de projets interrompus, de
remises en question et de relances successives. Mais une constante est restée
présente : la volonté de continuer malgré les obstacles.
Pour
lui, la différence entre ceux qui réussissent et ceux qui abandonnent ne réside
pas toujours dans le talent ou les ressources disponibles. Elle se trouve
souvent dans la capacité à maintenir ses efforts dans la durée.
Cette
discipline quotidienne a permis au média de construire progressivement sa
communauté et d'accroître son influence au fil des années.
Une nouvelle
vision du succès
Au-delà
de la diversité des profils présents sur scène, les interventions ont convergé
vers une même idée : la réussite ne se limite plus à l'obtention d'un diplôme,
à un poste prestigieux ou à des performances financières.
Pour
cette génération d'entrepreneurs et de créatifs, réussir signifie apprendre de
ses erreurs, savoir se remettre en question, évoluer avec son environnement et
rester fidèle à sa vision.
Qu'il
s'agisse de mode, de fintech, d'industrie musicale ou de médias, les parcours
présentés lors de Next Gen racontent une même histoire : celle de femmes et
d'hommes qui ont accepté l'incertitude comme partie intégrante du chemin vers
le succès.
Un message fort pour les nombreux jeunes présents à Abidjan ce 11 juin 2026, repartis avec une conviction partagée : les échecs ne sont pas des obstacles à la réussite, mais bien souvent les premières étapes qui y conduisent.
Maurelle
Kouakou